L'eau
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"Au bout de la patience, il y a le ciel."
Proverbe africain
Les historiens pensent que la civilisation égyptienne tire probablement son origine des populations sahariennes. Des phénomènes climatiques, près de 4 000 ans avant notre ère, entraînèrent des sècheresses qui poussèrent les peuples vers des lieux où l’eau était plus abondante, telle la région du Nil. En Afrique occidentale, le Nil a pour frère le Niger. Ce dernier monte vers le Sahara, traverse des zones désertiques, risquant de se tarir à mi-parcours en dessinant une anse. IL s'agit bien d'un défi naturel invraisemblable, où la rencontre du feu et de l'eau en l'occurence les dunes et le fleuve qui s'affrontent ou s'épousent.
Le Niger descend des pluvieuses montagnes guinéennes près des Monts Oloma. Au terme d’une course longue de près de 4 200 kilomètres, il va se jeter dans le golfe de Guinée.
Son cours ne s’est jamais tari, même lors des plus grandes sècheresses et des millions d’hommes doivent leur vie à ses eaux. Malgré cette abondance d’eau née des grands fleuves comme le Niger et malgré l’existence d’importantes nappes phréatiques, le Sahel reste fortement dépendant des aléas de la pluviométrie annuelle. Une frange très importante de la population, surtout celle démunie des zones rurales, continue à vivre de l’agriculture pluviale, alors que les nomades font paître les animaux près des points d’eau pendant la saison sèche.
Trois sources permanentes ou temporaires d’approvisionnement en eau sont utilisées : la mare, le puits et le puisard.
Sans accès à l’eau potable et aux systèmes d’assainissement de façon durable, l’insécurité alimentaire demeure. Mais si au Sahel l’eau est rare, souvent insalubre, qu’importe, elle est synonyme de vie. Les villageois se pressent autour des puits, s’y rencontrent, palabrent, et chacun se relaie pour extraire le précieux liquide.
Dans cette région, aux confins entre monde nomade et sédentaire, les tribus paient cher cette aridité. Elle a contraint des groupes à s'exiler. Des migrations sont également le fait de l’organisation des nouveaux états et des frontières, on impose un processus de sédentarisation que les Touareg et les Peul ne peuvent admettre.
La maîtrise de l’eau est la clé du problème sahélien, cette région souffre moins finalement de ses réserves d'eau que de sa distribution déficiente dans le temps et dans l’espace.
Enfin dans le Gourma on notera que de nombreux lacs (Nianga, Korarou-Aougoungou, Agofalou) attirent le gibier ainsi qu'un troupeau d'éléphants sahéliens, les seuls spécimens que l'on rencontre dans cette partie d'Afrique.
@Guy Abert

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